En voilà du come back, 12 ans, ce n’est pas rien. Effectivement, c’est en 2005 qu’est revenu sur le devant de la scène un titre culte, celui du premier jeu de Treasure. Lors de l’annonce de Gunstar Super Heroes, tout le monde attendait un remake du vénérable jeu d’action Mega Drive. Finalement, Treasure présenta son projet par le terme de « remix ». Intéressant !


Gunstar Super Heroes, curieusement renommé Gunstar Future Heroes en Europe, est une version complètement neuve du jeu d’action star de la MD. Bien loin d’un remake, ce programme offre une aventure totalement inédite faisant suite au jeu MD, avec ce que cela implique au niveau de l’histoire, des personnages et des environnements rencontrés. Le développeur joue également sur la fibre nostalgique puisque les vieux de la vieille apprécieront de nombreux clins d’œil à Gunstar Heroes, ainsi que le reste des jeux estampillés Treasure. Histoire de clarifier la situation, sachez que l’on retrouve par exemple la phase de chariot, le passage du jeu de l’oie, le décors de la pyramide etc…, mais à chaque fois avec une vraie sensation de découverte. Ce n’est pas tout, ce nouveau Gunstar puise aussi dans tout le catalogue du développeur. Personnages, décors, patterns, boss, chez Treasure, « rien ne se perd, tout se transforme ». Pour la bio diversité et l’écho système vidéo ludique, c’est plus qu’une bonne nouvelle. Soulignons que le jeu propose une variété et un rythme rarement rencontré. Notre action shooting bascule d’ailleurs à deux reprises dans le shoot’em up pur et dur, sans compter les phases d’esquive sur une plate-forme, la collecte des poussins dans un labyrinthe (Flicky ? ^_^), les boss originaux et moult surprises...
Techniquement, Gunstar Super Heroes assure comme il faut, avec une utilisation judicieuse du mode 7 (un comble pour un titre qui renvoi à la gloire de la MD). Après un Astro Boy Omega Factor simplement superbe, Treasure pousse très certainement la portable de Nintendo dans ses derniers retranchements. Inutile de préciser que l’ensemble jouie d’une fluidité remarquable. C’est vif et surtout, ça bouge merveilleusement bien. On regrettera que le studio soit un peu paumé avec les dernières technologies (le moteur graphique d’Ikaruga et Gradius V étant signé G-Rev), retrouver un gros projet du développeur sur « NextGen », ne serait pas pour me déplaire. Au niveau musical, là aussi, c’est bon. Bénéficiant de thèmes dynamiques et rythmés, ce Gunstar se laisse autant jouer qu’écouter. Je déplore tout de même l’absence de Sakimoto et de sa patte si aisément reconnaissable. Sur ce point, le jeu ne se montre pas à la hauteur de son ancêtre, qui, avouons le, avait placé la barre probablement trop haut pour le chip sonore de la portable de Nintendo.


Partir à la quête des gemmes lunaires et apporter la paix sur terre en incarnant Red et Blue est donc un passage obligé pour les fans du Gunstar Heroes original, pour les fans de Treasure, les amateurs d’action à l’ancienne, les joueurs de bon goût, les esthètes, les neveux de la gâchette. Il n’y aura que ceux qui placent la replay value au cœur de leur choix vidéo ludique (et ils n’auront pas tort) qui pourront snober cette production. Cruel oublie, Gunstar Super Heroes ne comprend pas de mode deux joueurs via un connecteur de GBA. Pire, le jeu se termine extrêmement rapidement et n’offre rien de spéciale une fois l’aventure bouclée. A moins de jouer le score, chose relativement rare sur un action shooting, ce Gunstar n’offre pas une durée de vie satisfaisante. Bon, on trouvera quand même toujours un prétexte pour relancer une partie, tant le jeu est nerveux, fun et varié.
Gunstar Super Heroes fait honneur à son illustre ancêtre. Disposant d’un rythme endiablé, on prend un immense plaisir a traverser les six stages pensés par les sorciers de chez Treasure. Incroyablement bien réalisé, avec une animation infaillible, ce soft intègre la crème de l’action sur portable. Pourquoi, mais POURQUOI le jeu ne comporte t-il pas de mode deux joueurs ?