PC Genjin (renommée PC Kid par Sodipeng et connu sous le nom de Bonk’s Adventure outre atlantique) est une série de Red, société qui nous offrira par ailleurs Tengai Makyô, Gate et Winds of Thunder et bien d’autres séries cultes, et édité par l’omniprésent Hudson. Le premier épisode est sorti en 1989 (volume 24 de la gamme de jeux Hudson) et remporta un franc succès, au point de s’imposer comme l’une des figures incontournables de l’univers de la PC Engine. Sa suite, PC Genjin 2, PC Kid 2 voir même Bonk’s Revenge, selon la localisation, débarque ce fameux été de l’année 1991, lequel aura vu naître un peu plus tôt Sonic the Hedgehog. D’ailleurs, aux USA, il y a quasi simultanéité entre les sorties respectives de Sonic the Hedgehog, Bonk’s Revenge et Super Mario World. Si ça c’est pas du choc de titans !


Tout le monde connaît Sonic ou Mario, mais il existe donc un troisième personnage, véritable symbole d’un univers ludique. Ce dernier n’est autre que Bonk, le fière Pithecanthropus Computerurus, petit homme préhistorique qui pourrait donner de bons conseils à notre Zizou national, puisqu’il supprime ses ennemis en leur assénant un coup de boule bien placé. La classe. Si le design de Mario n’aura guère changé en 20 ans, il en est tout autrement pour Bonk. En effet, les deux premiers épisodes présentent un petit homme des cavernes aussi rigolo que gentil, le troisième nous dévoile alors un personnage plus agressif et bagarreur, ce qui n’est rien en comparaison de la star qui affiche fièrement ses lunettes de soleil et sa superbe houppette électrique, dans PC et CD Denjin (les deux shoot’em up de la série). Même si en pratique, Zonk est un « cousin » de Bonk, on peut y voir une évolution du personnage. Qu’on se le dise, Evelyne Tomas n’a jamais eu le monopole du relooking.
A peine l’HuCard introduite dans sa console (voir Super CD-Rom², via la compilation 3 en 1 d’Hudson, sortie aux USA), on peut déjà mesurer les progrès réalisés par l’équipe de développement. PC Kid 2 garde tout du premier, l’austérité en moins. Cette suite éblouie par sa classe et son ambiance. Les décors sont d’un bon goût rare, parfaite harmonie de couleurs. On prend un immense plaisir à grimper avec ses dents (ouais, il sait faire ça aussi, Bonk !), à courir après les papillons et forcément, filer de bons gros coups de tête, sautés ou non. L’ambiance bon enfant du jeu se conjugue pour une fois avec un humour mature. Les anachronismes sont aussi curieux que nombreux et le bestiaire est d’une attendrissante débilité. Les boss du jeu méritent au moins le coup d’œil tant ils sont grotesques pour la plupart. PC Kid 2 se déroule dans une ambiance préhistorique encore plus loufoque que son prédécesseur. On n’oubliera pas de mentionner les transformations de notre héros, tantôt demoiselle au bisou facile, tantôt bonhomme furieux crachant du feu et à l’hypertrophie crânienne. On remarquera que Red est une société qui accorde souvent une place non négligeable à l’humour, dans ses productions. Tengai Makyô (le personnage de Kabuki, complètement déjanté), PC Genjin et CD Denjin, Sakura Wars, Thousand Arms etc…sont des jeux qui auront certainement provoqué quelques éclats de rire...J’aime, j’aime !


Au commencement d’une partie, le jeu propose trois modes. Le premier constitue une simple approche avec le soft. Blindé en vie, vos pourrez vous initier sur le premier level. Le deuxième comporte quatre niveaux et le dernier mode vous permet de vous lancer dans l’aventure entière, avec seulement trois cœurs de vie. Les sept niveaux promettent un voyage complet et varié. Monde de glace, plage, navire préhistorique et autre zone éruptive, seront des escales aussi charmantes que dangereuses. La difficulté est relativement bien dosée, même si le jeu ne résistera guère longtemps aux joueurs confirmés. En tout cas, on ressort PC Kid 2 assez facilement tant il est plaisant à jouer, propre et amusant. Un peu à la manière d’un Sonic, vous pourrez accéder à des zones bonus selon le nombre de symboles jaunes que vous aurez récupéré au court du level, aussi, des petites épreuves sont planquées ça et là, dans les niveaux. Des pratiques exotiques telles que l’escalade à l’aide du front, sauts sur des pics de glace ou rebonds sur cranes de dinosaure, n’auront plus de secret pour vous (!!).
PC Genjin 2 est mon jeu de plate-forme préféré sur PC Engine, devant des pointures comme SonSon II, Jackie Chan ou les autres épisodes de la série de Red. Il s’agit d’un titre véritablement indispensable pour tout possesseur d’une console NEC équipée d’un port HuCard.


A noter que la série existe aussi sur d’autres supports, notamment en arcade, dans un épisode édité par Kaneko, jouable à deux. Les consoles Nintendo ne seront pas délaissées, la preuve avec Chô Genjin I & II sur SFC, rebaptisés Super BC Kid, chez nous et même quelques épisodes sur GameBoy, en plus d’une adaptation du premier épisode sur Famicom et Nes (et même Amiga). En effet, Hudson a souvent porté ses jeux sur les consoles de Nintendo, malgré son lien fort avec la PC Engine, dont il était l’éditeur numéro 1. Le premier épisode est également ressorti avec le troisième volume de la gamme des Hudson Sélection sur GC et PS2. Cette monture profite d’un petit lifting graphique mais perd beaucoup du charme de l’original. Malgré ce papillonnage d’Hudson, Bonk est un personnage définitivement lié à la PC Engine, ayant largement participé à sa diffusion. De nombreux projets concernant la série sont restés dans les cartons des développeurs, car notre ami, en plus de sauter sur des dinosaures ou même balancer des objets dans les shoot horizontaux, devait être le héros d’un jeu de rôle, RPC Genjin, et même parodier quelques célèbres séries du jeu vidéo, et tout ça sur PC Engine. Quel dommage. En tout cas, s’il fallait ne retenir que trois protagonistes du jeu vidéo des 90’s, assurément, il faudrait piocher chez Nintendo, Sega et Hudson. Mario, Sonic et Bonk.