L’œuvre de Treasure fut assez colossale sur Mega Drive. On leur doit tout de même Gunstar Heroes, YûYû Hakushô Makyô Toitsusen ou encore Alien Soldier (entre autres). Cette équipe qui s’est fait les dents sur Mega Drive, poursuivie sont œuvre sur 32 et 64-Bits pour finalement devenir le studio que tout le monde connaît. La Saturn de Sega a reçu trois jeux mémorables de la part de Treasure: Guardian Heroes, Silhouette Mirage et Radiant Silvergun, objet du test présent.


Il n’est jamais évident d’aborder ce genre de test, tant le titre en question est apprécié d’une large communauté de joueurs (avec ce que cela implique comme phénomène hype). Autant dire que si je produis ici quelque chose de mauvais, ma tête ornera le bout d’une pic ! Pour éviter de mourir prématurément, je rappel que Radiant Silvergun fut disponible au milieu de l’année 1998, à une époque ou le déclin de la console était bien avancé. Personne ne sera étonné d’apprendre qu'il est techniquement bluffant, subtile mélange de 2D et de 3D. Les couleurs ocres et rougeâtres définissent un univers unique ainsi qu’une ambiance particulière. Il possède un esthétisme rarement atteint dans le genre, esthétisme que l’on retrouvera quelques années plus tard sur Ikaruga, sa suite officieuse initialement baptisée « Project R.S.2 ». Le tout est servi par une bande-son dont le célèbre duo Sakimoto & Iwata est à l’origine (Magical Chase, Gunstar Heroes, la saga des Ogre, Final Fantasy Tactics…). Pour ma part, j’ai toujours trouvé que ces thèmes manquaient de punch et de frénésie, mais force est de constater que le résultat est remarquable et colle assez bien à un programme hors normes comme celui ci.
Contrairement à la version arcade STV (disponible sur la galette Saturn) le jeu débute sur une scène d’introduction en dessin animé. Très fluide et fort bien réalisée, cette scène constitue une première approche très positive avec le soft. Elle laisse deviner un scénario beaucoup plus profond que la moyenne des Shoot Them Up. Votre mission sera d’anéantire la vie aliène, bien implantée sur la planète Radiant Silvergun. Le jeu dispose de longues cut scènes approfondissant à chaque fois un peu plus l’histoire.


Passons à ce qui intéresse tout amateur de shoot normalement constitué : Le gameplay. N’ayons pas peur des mots...Radiant Silvergun offre une richesse et une profondeur pratiquement inégalée. Vous disposez de trois types d’attaques (A,B et C) lesquels correspondent à deux tirs différents. On retrouve donc six tirs dont vous devez maîtriser les effets afin d’épargner vos crédits. La palette de situations rencontrées est prodigieusement variée. Il faut apprendre à tirer sur les cotés, en diagonale ou en arrière et même au corps à corps, via la Radiant Sword. L’aspect stratégique est incroyablement travaillé et probablement que les puristes se souviennent encore des enchaînements permettant de s’enfiler tous les ennemis de chaque stage. En outre, vos armes sont crédités d’un level. Au fil de vos parties, vous allez accumuler de l’expérience qui aura un effet bénéfique sur la puissance de vos tirs. Jouissif !
Ajoutons au tableau un système de chain vraiment cérébral qui se résume a détruire consécutivement trois des ennemis d’une même couleur. Mine de rien, cela vous demandera une connaissance pointue de chaque section, de chaque stage. Sachant que Radiant Silvergun est aussi long qu'un film (1h20 environ), cela fait des dizaines d'heures d’entraînement pour mémoriser chaque séquence de jeu.
Ah ! ce fameux système d'experience...La petite coquille de noix crachotant de timides lasers que vous aurez en début de partie, va devenir un véritable tank capable de produire des déferlantes de diverses couleurs. Radiant Silvergun est plus fort que le feu d'artifice du 13 Juillet ! Entre les modes arcade et aventure, il est facile de passer une grosse cinquantaine d’heures (la dernière option ne se débloque qu’après 48 heures de jeu) sur Radiant Silvergun. Il s’agit d’un shoot que l’on termine sans faim, miam !
La question « Radiant Silvergun est-il le meilleur shoot'em up de tout les temps ? » mérite donc d’être posée. Il n’est pas rare de croiser des personnes prétextant cela alors qu’elles ne l’ont jamais pratiqué. S’il est évident que ce titre possède des qualités indéniables, je conçois mal le fait qu’il jouisse d’une telle cote d’amour. Il me semble trop particulier et singulier, presque unique en son genre, pour séduire un public aussi large. Il est en tout cas bien moins instinctif qu’un bon shoot classique typé arcade. Finalement, je lui préfère beaucoup de jeux, notamment chez des développeurs comme Compile, Kaneko, TecnoSoft et j'en passe. Il est donc nécessaire de se faire une idée par soi-même plutôt que de se laisser entraîner par une vague hype écrasante. Voilà, c’est dit !