Ah Red, quelle fine équipe !
Déjà responsable de Tempo sur 32X puis de Tempo Jr sur Game Gear, nos bienfaiteurs reviennent à la charge sur l’incontournable Saturn. Le couple Red/Media Quest nous pond un ultime épisode, Super Tempo, dans le courant de l’année 1998.

Super Tempo est un petit projet qui mise tout sur son aspect décalé, loufoque et déjanté. Red oblige, on sent bien l’influence d’un certain PC Genjin. Exit les coups de boule, le truc de Tempo, c’est le son, le rythme, la vibe. Et là, j’ouie Mia Frye applaudir sans retenue. Notre héros élimine ses ennemis à l’aide de son écrin qu’il laisse malicieusement traîner sur son violon. Violent. N’importe quel chef d’orchestre vous le dira, l’opération produit évidemment des bulles. Idéal pour emprisonner et dégommer une chauve-souris, un crapaud ou même un sale gosse. Le jeu, décalé ? Quel insoutenable euphémisme. Super Tempo, c’est un gosse joufflu, qui de son phallus vous pisse dessus, c’est aussi un concours de gonflette entre deux bœufs chargés aux amphét’, c’est encore un oiseau qui, amoureux, se transforme en panier de basket. Véridique. On savait Keio Yûgekitai Katsugekihen /Keio Flying Dragon 2 (la suite du jeu Mega CD) amusant et plein d’humour, ce jeu ci, dans le genre farfelu, met la barre très largement au dessus.
Super Tempo a beau se présenter comme un jeu de plate-forme 2D classique (on pourrait le croire proche de Rayman, ce qui n’est pas le cas), il dispose d’un charme unique, genre un épisode de PC-KID complètement rock et rebelle. La progression s’appuie sur votre adresse, mais aussi sur l’exploration des décors, voir la résolution de petits problèmes. Voyez le stage 2 dans lequel vous devrez retrouver les âmes de la farandole des animaux musiciens (culte !) ; le stage 3 avec sa phase de shoot horizontal, ou encore le 6èm qui consiste à explorer une maison, canalisations comprises. Soulignons également le clin d’œil à Bonk lorsque Tempo escalade, à l’aide de ses dents, une chute d’eau, dans le stage 4. La houppette électrique de Zonk est même de la patrie ! Super Tempo étonne par son rythme et sa variété. Et faisons quand même mention des mini jeux, du pur délire, à moins bien sur que vous goinfrer discrètement de la pizza de votre voisine, faire une démonstration de casse en Karate etc…ne vous amuse guère. Je le promet, les amateurs de Bishi Bashi vont adorer. Le jeu de Red/ Media Quest comprend son lot de boss zinzins et même, excusez du peu, un voyage dans l’univers des partitions et des grands noms de la musique classique, fallait oser. Nos deux héros (Tempo et sa copine Katy), en plus de pouvoir « bullifier » (lui) ou cramer le derrière des ladres (elle), disposent d’une transformation en super héros. Délicieusement Kitch. Tempo devient un gros musculeux sur fond de vaches laitières, sa moitié quant à elle, se change en véritable pin-up à l’uppercut facile. Cherchez pas, les développeurs sont maboules.
Chaque niveau regorge de clés de sol, de rondes, de croches. L’alphabet du parfait musical vous confère des points, monnaie d’échange pour acquérir divers objets décoratifs pour le nid douillet de Tempo et Katy (aquarium, appareils photo, petites voitures, fioles etc...). En jouant bien, vous pourrez accumuler une collection d’objets sympas pour customiser votre chez vous. Cela ne sert pas à grand chose, mais on se prend vraiment au jeu, surtout que ces objets récompensent votre adresse dans les phases de tir et votre capacité a passer au peigne fin les niveaux (zones optionnelles etc…). Finalement, les 6 stages du soft s’enchaînent bien vite. A défaut d’être relevé, le challenge est tellement varié que l’on ne sait trop ce que l’on va être amené à faire. Les stages se suivent et ne se ressemblent absolument pas. Un bon point.
Techniquement, la 2D proposée par les développeurs impressionne par sa qualité et sa finesse. Les teintes chatoyantes, conjointement au style graphique employé, assurent au jeu un aspect cartoon très plaisant. On peut ajouter sans broncher Super Tempo sur la liste des beaux softs 2D de la Saturn. Les oreilles sont chouchoutées par les pros de T’s music, un label de chez Hudson. Bien loin des morceaux rock/metal des glorieux shoots maison (Gate & Winds of Thunder, CD Denjin, Sapphire...) les musiques de Super Tempo sont plutôt « groovy », franchement sympas, même si elles n’ont qu’une fonction d’accompagnement du jeu. Pour sûr, on ne les sifflotera pas en dormant.
Si vous avez lu cette modeste critique jusque là, vous devriez avoir une furieuse envie de mettre la paluche sur cette galette. De mon humble point de vue, Super Tempo intègre l’élite des jeux de la console de Sega et par conséquent le haut du panier des jeux de plate-forme dans leur ensemble, devant des titres comme Astal ou Keio Yûgekitai Katsugekihen. Scandale, aucun screenshots ! N’ayant pas le matériel pour produire les miens, . Néanmoins, ne vous fiez pas trop à la première partie du premier stage. Le reste du jeu est beaucoup moins conventionnel. Histoire de faire passer la pilule, cette critique est tout de même accompagné d'un scan du back avec captures d'écran. L’honneur est sauf.