Un test d’un épisode de la série Mario sur Guardiana, il fallait bien que cela arrive un jour. Effectivement, inutile de nier que Sonic s’est construit en opposition au plombier moustachu, création de Miyamoto et premièrement connu sous le nom évocateur de Jumpman. Il existe alors inexorablement une part de Mario en Sonic, puisqu’il en est une conséquence, une réponse, et plus précisément son antithèse. Il n’est pas exagéré de dire que si Mario avait eu une casquette bleue, notre Sonic aurait davantage ressemblé à Knuckles. J’ose vous proposer le test d’un Super Mario Bros. donc, mais alors pas n’importe lequel : j’ai nommé le grand Super Mario World. On pourrait même le qualifier d’immense, voir d’incommensurable pour certains, mais on ira pas jusque là ! Nous sommes sur Guardiana, hein, quand même !
Super Mario World débarque sur la toute fin de l’année 1990 au Japon, c’est à dire quelques mois avant que le monde ne découvre la mascotte de SEGA. Cependant, pour les sorties US et européenne, la cape du plombier fut devancée par le museau de l’hérisson. C’est alors que commença la frénétique guerre des consoles Nintendo et SEGA, au travers de l’éternelle opposition entre Mario et Sonic. Une époque bel et bien révolue (même si le clivage est encore sensible, des années après), un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.
Super Mario World fut donc disponible dès le début de l’aventure Super Famicom au Japon et également pour les lancements américain (mi 91) et européen (92). SMW, un nom de code pour faire trembler SEGA. En plus des capacités vertigineuses de la Snes, Super Mario World, c’était quelque chose comme 95 niveaux, 9 zones, 2 joueurs, 1 nouveau personnage (Yoshi) en plus des passages secrets à foison, des sorties dissimulées dans la moitié des niveaux, des tas d’astuces en tout genre à découvrir au fil des parties, et même davantage. On peut difficilement reprocher à quelqu’un d’attribuer le titre de plus grand jeu de plate-forme de tout les temps à Super Mario World (même si ce n’est pas mon cas, je préfère d’ailleurs Super Mario Bros.3).
Comme à son habitude, Bowser a capturé l’innocente Peach, ainsi que les potes de Yoshi, gentil dino à la langue baladeuse. Cela ne va pas du tout, ni une ni deux, Mario et Luigi, pourtant en vacances, s’aventurent à Dinosaur Land, histoire remettre un peu d’ordre dans cette affaire. Ils pourront d’ailleurs compter sur Yoshi et sa voracité légendaire. Le jeu se présente comme un Super Mario Bros. 3, avec toutefois une nouvelle transformation, laissant apparaître une cape majestueuse, dans le dos de Mario (ou Luigi), très utile pour flotter dans les airs et se la jouer 1080°. Cette dernière remplace toutes les transformations du précédent volet (raton laveur, grenouille, tanuki, marteau). Aussi, la progression de nos héros s’effectue sur un seul monde découpé en zones, et non une multitude de cartes différentes, comme par le passé. Mine de rien, ce sont deux changements que je déplore. Toujours au rang des nouveautés, on note la présence des Ghosts Houses. Comme le nom l’indique, il s’agit du reperd de Boo dont il faudra trouver la sortie. Chaque zone comprend, en plus des niveaux classiques, un reperd de Boo et un château de Koopa, lequel se termine avec un affrontement contre ces saletés de rejetons de Bowser. Classique, efficace, inusable.
Super Mario Bros, faut pas se le cacher, c’est, depuis toujours, un gameplay d’une étonnante précision. Les sauts du plombier sont des algorithmes aussi parfaits que les coups francs d’un Maradona au sommet de son art. Coluche aura beau railler les lessives qui lavent « plus blanc que blanc », chez Nintendo, on a inventé le maniement plus parfait que parfait, avec Super Mario World. Pour le coup, on ne pourra en vouloir qu’à soi même, en perdant une vie de manière honteuse. Techniquement, cette pure production Nintendo est simplement séduisante, avec ses effets inédits (déformation des textures, transparence) ses couleurs pastels, la finesse de ses sprites. Super Mario World n’a véritablement pas prit une ride, toujours aussi frais, toujours aussi lisible et propre. Au niveau de la bande-son, c’est du travail de pro. Le pro, en l’occurrence, c’est l’ami Kondo, qui n’en est plus à son coup d’essai chez Nintendo. Je vous sifflerai bien le thème de l’écran titre, tiens !
Super Mario World n’est pas simplement une solide référence, c’est une pièce maîtresse du jeu vidéo. Il se hisse sans mal parmi les tout meilleurs jeux de plate-forme de tout les temps. Je dis « les », c’est bien pour ne choquer aucun Sega fan, lesquels pourront y glisser au hasard un Sonic ou un Disney sur Mega Drive. A moins d’une allergie sévère aux champignons ou une bonne dose de mauvaise foi, je vois mal comment reprocher quoi que ce soit à ce programme. Aimer un authentique Super Mario Bros, aimer un véritable Sonic the Hedgehog, c’est simplement aimer les grands jeux.
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Delfiris - 24/07/06, 02h52 |
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