Shining and the Darkness (renommé Shining in the Darkness hors du Japon) est la genèse de la série Shining Force. Connaissant la notoriété de cette dernière, vous vous doutez bien que ce jeu est une bénédiction. Le géniteur Climax nous livre ici un jeu mi-saint mi-démon. Il semblerait effectivement que le paradis soit pavé de mauvaises intentions, ou peut être est-ce l'inverse...
Shining and the Darkness est un Dungeon RPG pur et dur. Il n’est nullement question de continents à explorer, ni de villages à fouiller. On se contente d’arpenter les interminables couloirs d’un donjon, du débat jusqu'à la fin. Vos capacités de mémorisation seront mis à contribution ainsi que votre patience, qui pour l’occasion devra être sans failles. Bref, il n’est clairement pas évident de se (re)plonger dans ce soft datant de 1991. A cela plusieurs raisons...
Le jeu sent le vieux, du gameplay à la technique, en passant par le scénario. Il faut impérativement remettre Shining and the Darkness dans son contexte, sans quoi, on le trouve forcément moins bon que le dernier titre à la mode. La genèse de Shining Force raconte l’épopée d’un jeune homme à qui l’histoire n’aura même pas donné de nom. Fils d’un fameux chevalier de district, vous êtes convoqué par le roi dans le but d’honorer une mission. En gros, VOUS devez sauver une demoiselle et pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agit de la princesse. Chose un peu scandaleuse, la figure royale vous file quelques deniers afin de vous acheter des équipements. Le pourboire, ce sera pour une prochaine fois. Votre voyage n’est pas « aux frais de la princesse », un scandale messieurs dames !


Alors bon, c’est vrai, hein, on nous a encore jamais fait le coup du héros qui part en quête de la fille du roi. Un peu hagard, on entre dans l’aventure. Le monde de Shining and the Darkness se divise en trois lieux : LE donjon, LE village, LE château. Le donjon étant inaccessible au début de la partie et dans la mesure ou vous quittez le château, il faudrait être légèrement benêt pour ne pas comprendre que le village est votre première destination. Celui ci se présente d’une manière assez simpliste. Vous avez accès à différents services sans toutefois ne jamais vous déplacer. Vous faites défiler le bar, l’église, la boutique…afin d’interagir avec les villageois. Ce système sera réutilisé dans la trilogie sur Game Gear (Shining Force Gaiden I & II ainsi que Final Conflict). Après quelques conversations, les portes du donjon s’ouvrent…le calvaire peut alors commencer.
Vous êtes déjà renseignés sur le gameplay, mais il faut néanmoins souligner le caractère répétitif de l’aventure. On avance, indéfiniment, au travers de couloirs identiques. Alors certes, l’ambiance est bonne, mais ce produit revêt tout de même un aspect soporifique. La fréquence des combats est globalement élevée (elle dépend du secteur du donjon) et devient assez insupportable par moment. Le jeu est plutôt difficile, à moins de se munir d’un plan détaillé, réalisé par vos soins, cela va de soi. Nous évoquions l’ambiance ci dessus. L’univers « Shining » (en devenir, en 1991) est assez palpable, ce qui reste l’atout majeur du jeu. Le design demeure excellent et la bande-son de qualité, malgré la lourdeur de certains thèmes. Le graphisme est finalement assez peu important puisque le jeu se compose essentiellement de couloirs. Bref, c’est vieux, mais en 1991, les joueurs étaient séduits.

Shining and the Darkness est un titre très respectable et mémorable, mais il est réellement difficile de s’y plonger en 2005. Le jeu est sacrément long et truffé de pièges. La mémorisation des chemins n'est pas une mince affaire et demande patience et abnégation. Ni le scénario, ni l’ambiance du soft ne justifient que l’on sacrifie environ 30 heures de son temps libre afin d’en voir le bout, à moins d’avoir vu le staff roll défiler il y a déjà plus de 10 ans. Ceux qui ont terminé Shining and the Darkness pourront néanmoins profiter de quelques clins d’œil délivrés à Shining Force. Cela n’a pas de prix…